25 ANS DE VISA POUR L’IMAGE..ET DANS 25 ANS ?

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25 ans de Visa pour l’Image

 

On ne s’étonnera pas que les voitures officielles entrent sur le site par le local à poubelles, ni que le podium pour les discours d’inauguration soit judicieusement placé à contre-jour – idéal pour faire des images – ni que la rue ne soit pas barrée pour l’occasion, puisqu’en l’occurrence, l’affluence ne le justifiait pas.

Un cameraman de France3 est visible, un véhicule arborant le logo de TV3 garantit la portée internationale de l’événement, une photographe locale fait ce qu’elle peut, et les grands médias nationaux semblent absents.

25 ans de Visa pour l’Image. Le festival qui donne à Perpignan son rayonnement international. En effet. Comme le rappelleront tour à tour toutes les huiles qui se succéderont au micro, au milieu d’un bouquet cheap d’oriflammes façon « Decathlon » ou « Mondial du Vent », aux couleurs des institutions en présence. Des huiles qui, pour honorer la demande de Jean-François Leroy dans la presse le matin-même, ont tous promis de faire bref quand, même bref, l’exercice est d’un autre âge, interminable et sans aucun intérêt. Un moment qui aurait pu être touchant, digne des parodies tendres à la Pagnol, tant il consiste pour chacun de se faire valoir et de prendre sa part au succès du festival, au jeu trouble des subventions, quand il ne manquait que les larsens et les bourrasques de tramontane.

On comprend alors que les médias ne se soient pas déplacés.

Puisqu’en fait de lancer la 25ème édition du festival, il s’agissait surtout d’une petite réunion entre-soi, où, dès les discours conclus par des applaudissements indifférents, tout le monde a expédié le parcours dans les galeries d’exposition pour se précipiter sur le buffet offert dans le cloître ravissant du Couvent des Minimes, où nos Perpignanais ont pu se demander en dégustant un bon vin ce qu’ils avaient fait pour les vacances.

 

VISA, victime des conflits Région-département contre ville de Perpignan…

Le président du conseil régional, et sénateur, Christian Bourquin, absent pour l’inauguration de ce festival de renom et de qualité qui participe au rayonnement de notre territoire.

La Région refuse une subvention à VISA, très bien, il faudra le rappeler à ceux qui briguent des mandats dans la capitale perpignanaise qui ne s’opposent pas à cette décision et osent même la justifier .

Si l’on ne peut pas compter sur Montpellier, que nous puissions au moins compter sur Perpignan, qui ne manque pas d’atouts et de talents, quand elle peut faire l’effort d’être attractive, professionnelle dans l’accueil, au-delà d’initiatives individuelles qui s’épuisent parfois pour être souvent seules.

Aux soirées majestueuses qui s’organisent encore, et tous les festivals n’ont pas eu cette chance, au très photogénique Campo Santo, au développement du Visa Off qui a gagné tout le centre-ville et remplit la Place de la République à son écran géant, à la foule des partenaires locaux qui participent à l’événement, l’effusion et les bonnes volontés sont bien là, mais sans parvenir à gagner l’aura nationale qui serait légitime.

Avec la couverture de Paris Match, Elle, National Geographic, le festival fait sa part pour faire parler de Perpignan, mais Perpignan, et également le département doit faire le travail manquant pour ouvrir au-delà des Perpignanais et des professionnels du photojournalisme, pour convaincre les médias de venir installer des plateaux de télévision, créer les structures pour les acheminer et les accueillir dignement, même sans TGV et sans hôtels de luxe.

Nos jeunes génies locaux de la com, puisque nous en avons, sont-ils comme ils devraient l’être envoyés partout comme VRP pour séduire à Paris, à Barcelone,

et vendre l’image d’une ville passionnante au cœur du pays catalan, où tout reste à faire !

Visa est symptomatique du complexe perpignanais, lorsque aux tragiques absences: de confiance en soi d’abord, et de campagnes de communication dignes de ce nom (hors département) ensuite, s’ajoutent les « chicailleries » partisanes locales, qui bloquent toutes les synergies pourtant indispensables pour donner au festival VISA le rayonnement qu’il mérite.

Un héros parmi les chrysanthèmes

Il n’est pas cruel ni injuste de considérer que cette inauguration n’était pas à la hauteur de l’événement. Les 25 ans d’un festival de ce niveau. N’est-ce pas assez pour être remarquable ?

Il fallut se contenter de longs discours d’autosatisfaction dignes des caricatures d’élus de villages, qui ont réussi ce malheureux tour de force de gâcher le seul moment intense de la cérémonie, la présentation furtive, presque à la sauvette, par Jean-François Leroy de Joao Silva, photojournaliste portugais, grand reporter pour le New York Times, qui perdit ses jambes sur une mine en Afghanistan en faisant son métier, qui nous honorait de sa présence et n’eut pas l’éclairage ni l’hommage qu’un héros de sa trempe n’aurait pas volés.

Ce n’était sans doute pas le moment.

Il était bientôt midi et tout le monde avait faim.

VISA gratifie Perpignan de sa présence depuis 25ans, dans 25 ans VISA doit encore être au cœur de Perpignan, mais, entraîné par une vraie ambition pour un rayonnement de grande ampleur de cet événement majeur qui doit être porté non seulement par Perpignan, mais par tout le pays catalan !

 

 Article rédigé par Philippe Latger

 

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9 septembre 2013
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