A TROP JOUER AVEC LA DÉMOCRATIE …

maire2014

Comme promis, L’Olivier reprend la parole aujourd’hui. Les élections qui viennent de se dérouler ne font pas honneur … aux élus de tous bords qui ont été sanctionnés des le premier tour ou ont été placés dans de sévères ballotages dont ils ne sont sortis quasi indemnes qu’à la faveur d’un front républicain qui n’en finit plus de s’essouffler.

Les français n’ont plus confiance dans cette classe politique – de droite et de gauche – qui échoue sans vergogne, qui ne reconnaît aucune de ses erreurs et ne procède à aucun renouvellement de fond.

Seuls les élus sortants jugés efficaces ont été élus brillamment comme ce fut le cas d’Alain Juppé à Bordeaux ou de Gerard Collomb a Lyon … Et là, aucun besoin de convoquer les pleureuses et le front républicain. La démocratie à marché à plein et les citoyens se sont exprimés tout à fait normalement comme le ferait n’importe lequel d’entre nous s’il était satisfait par son maire et son équipe.

En clair, les élections n’ont déraillé qu’aux seuls endroits où les élus ont failli : sur leur bilan économique, sur leurs comportements politiques …

La volte face – et c’en est une de belle – du nouveau maire de Perpignan au sujet de la présidence de l’agglomération est une illustration supplémentaire de cette classe politique qui joue avec les mots (mandat et fonction), qui enfume la réalité et les électeurs avec des explications vaseuses et, au fond, perpétue le système des combinazziones que les citoyens détestent par dessus tout.

Ce que l’on reproche au maire de Perpignan, ce n’est pas d’ambitionner la présidence de l’agglomération (cela est tout à fait légitime) mais d’avoir fait campagne depuis un an sur le principe du non-cumul des mandats … et de faire tout son contraire, à peine élu. Jouer sur les mots (mandat et fonction) n’est pas la solution: les citoyens ne sont pas dupes et tout cela concourt à dresser encore plus les citoyens contre la classe politique.

Les déclarations ampoulées des soutiens du maire de Perpignan – y compris de ceux qui ont été les premières victimes de sa volte face – montrent l’état de délabrement de notre classe politique. Prêts à tout pour exister et s’accrocher à de menus privilèges, à de confortables strapontins, sièges de leurs égos démesurés … Tout cela devra sauter tôt ou tard !

Dans un article récent (15 décembre dernier), j’avais déjà rappelé l’exigence de clarté au sujet de la présidence de l’agglomération. Après tout, quoi de plus normal puisque les électeurs allaient – pour la première fois – désigner leurs délégués communautaires en même temps que leurs conseillers municipaux. J’avais rappelé l’épisode de 2009 ou les perpignanais se sont retrouvés – un beau matin et sans avoir été prévenus – avec un maire qu’ils n’avaient pas élu. J’avais alerté sur la nécessité de faire preuve de transparence vis-à-vis des citoyens … Pour être plus précis, leur faire preuve de considération … Il n’en a rien été.

Et l’on continue de plus belle avec une invention toute perpignanaise des « maires de quartier » : le nouveau maire en a désigné 5 au total … Sauf que maire de quartier, ça n’existe pas ! Cette appellation n’est pas anodine car elle vise à donner à quelques élus un titre et des pouvoirs qui n’existent pas … Et, par conséquent, à tromper les électeurs en leur désignant des « maires », des autorités qui ne sont, en fait, que des « adjoints en charge d’un quartier ». Là aussi, je ne doute pas que l’on nous répondra que l’on joue sur les mots … Que, oui, les maires de quartiers n’existent pas et qu’il s’agit d’un écart de langage … Alors pourquoi l’employer si ce n’est pour tromper le citoyen encore une fois ?

Désigner des élus en charge des quartiers est un usage courant et s’impose à Perpignan, du fait de la taille de la ville: user d’appellations et de rôles qui n’existent pas dans le droit français dénote une tentation de donner aux citoyens une lecture erronée des rôles des uns et des autres. Et cela aussi, c’est contraire à la démocratie.

Notre démocratie locale a encore du chemin à parcourir pour réconcilier les citoyens avec – non pas leurs élus – mais leurs institutions. Le renouvellement ne viendra jamais de l’intérieur (on voit le résultat …) mais il doit surgir du plus profond de notre démocratie, de nos quartiers, de nos villages, de nos entreprises et de nos associations … A nous tous de savoir l’incarner !

3 Commentaires
  1. Bonjour M. Delmas. et merci de vos analyses toujours intéressantes et qui, je trouve, collent parfaitement avec les préoccupations de la citoyenne de base que je suis.

    Pourriez-vous enquêter sur le fait que l’Agglo. est endettée au delà du ratio admissible compte tenu de son budget et devrait normalement être mise sous tutelle par le Préfet. Or celà ne se fait pas, pourquoi ? Merci

    1. Merci pour votre réaction. Le sujet de l’endettement de nos collectivités est en cours d’élaboration au sein de L’Olivier. Nous ne manquerons pas d’y revenir dans les toutes prochaines semaines.
      Bien à vous,

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6 avril 2014
6 avril 2014