CAFE DE FRANCE : POURQUOI L’OFFICE DE TOURISME EST UNE BIEN MAUVAISE IDEE

empty

Nous apprenons, ce matin, que Monsieur PUJOL souhaite implanter au Café de France (sur la célèbre Place de la Loge) l’office de tourisme de la ville. A plus d’un titre, ce projet est une mauvaise idée.

Le Café Le France – qui occupe les magnifiques locaux situés sur la place de la Loge – est en liquidation judiciaire; ce qui est bien triste. La ville de Perpignan, propriétaire des locaux, souhaite en racheter le fonds de commerce (à la barre du tribunal) pour transformer le bâtiment en office de tourisme. La « grande idée » de Monsieur PUJOL est vraie fausse bonne idée pour, au moins, 2 raisons.

1) LES OFFICES DE TOURISME NE FONT PLUS RECETTE

Partout en France, la fréquentation physique des offices de tourisme est à la baisse. Au Québec, seul pays francophone à publier des statistiques sérieuses sur la fréquentation de ses offices de tourisme, l’afflux du public a régressé de 70%. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’office de tourisme d’aujourd’hui (et encore plus des prochaines années) est et sera … le téléphone mobile.

Les touristes et les géants de l’internet l’ont bien compris; Google en tête qui, avec son service « Google Trips », est capable (mieux que n’importe quel office de tourisme) de vous dire où se trouve le restaurant le plus proche, de vous y guider par ses plans, de vous en donner le numéro de téléphone … et même, outre son menu, de vous en indiquer l’heure d’ouverture.

Et avec 60% de progression de consommation du tourisme par mobile, le phénomène ne va pas s’atténuer.

Ci-dessous, exemple des nouveaux services que Google étend à la planète entière:

google-trips

C’est dire si utiliser les 500 m2 du Café de France pour y installer des bureaux et des banques d’accueil dans lesquels ne viennent pas grande monde est une bien grande sottise.

2) LES QUESTIONS TRAITEES SONT SANS INTERET

Partout où les offices de tourisme tiennent des statistiques sérieuses de leur fréquentation, le premier sujet de demande est « Avez-vous un plan de la ville ? » et, en deuxième position, « Où se trouvent les toilettes publiques ? » … c’est dire si l’occupation du Café de France pour répondre à ce genre d’afflux touristique est sans intérêt.

3) LES VISITES GUIDEES PEUVENT ETRE DEVELOPPEES SANS LE CAFE DE FRANCE

Selon un document interne publié par la ville, les visites guidées de Perpignan (opérées par l’office) concernent 22.000 personnes par an, soit une moyenne de 60 par jour. Créer un office de tourisme en centre-ville n’aura aucun impact sur ce chiffre et ne fera pas « décoller » la demande. D’ailleurs, les principales villes touristiques se contentent souvent de créer un bureau des guides dans des espaces adéquats.

Ainsi, sans investissement supplémentaire, le bureau des guides de Perpignan pourrait parfaitement s’implanter dans le hall d’entrée du Castillet, haut lieu de rencontre touristique s’il en est.

Pas d’investissement, aucune occupation stérile du Café de France … tout cela peut être opérationnel du jour au lendemain.

4) OUI A UNE MAISON DES VINS

Pour justifier son projet, Monsieur PUJOL explique qu’il voudrait installer dans le Café de France un espace dédié aux vins de notre département. Très Bien ! C’est la proposition de L’Olivier depuis 2014 et celle du Département depuis 2000. Voir notre article.

Nous avions proposé cette implantation – face au Castillet – en lieu et place du Mess des Officiers que la ville n’a pas voulu finalement acheter.

Installer cette maison des vins – et uniquement cette maison des vins – au sein du Café de France est un projet qui pourrait avoir du sens sous réserve de réunir plusieurs conditions :

  • associer au projet tous les producteurs (et pas seulement leurs représentants professionnels) pour que la Maison des Vins fasse une place à tous,
  • organiser le lieu de sorte qu’il soit un lieu vivant du matin au soir, avec des ateliers de dégustation de découverte, etc … cette offre permettrait, d’ailleurs, à l’office de tourisme de proposer des découvertes oenologiques aux organisateurs de congrès sur Perpignan,
  • associer les meilleurs cuisiniers de la ville et du département pour que le lieu soit ouvert et animé le midi par des « cuisiniers résidents » qui occuperaient l’espace et serviraient des tables de connaisseurs autour des productions locales,
  • associer les cavistes de Perpignan dont la contribution au rayonnement des producteurs locaux est plus que notable; en aucun cas, cette maison des vins ne doit venir menacer leur commerce.

Une maison des Vins peut être un projet formidable (si elle incarne la vie, l’échange entre le vin et la gastronomie, la connaissance du vin et des grandes productions locales) et devient un « temple » des richesses agricoles et culinaires locales. Ce doit être un lieu de vie que les professionnels doivent occuper (un grand cuisinier pourrait s’y installer pour un mois ou plus). Elle ne peut se faire que dans une perspective d’apporter de l’économie à tous et, en aucun cas, de concurrencer les professionnels existants.

Vous le voyez, il y a tant à faire (et à bien faire) que le projet d’y installer l’office de tourisme n’a plus de sens. Alors, de grâce, Monsieur PUJOL, vous avez la possibilité de conduire en ce lieu un projet remarquable. Ne dépensez pas l’argent des perpignanais dans un projet anachronique et voué à l’échec.

Pas encore de commentaires

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser les balises HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

11 janvier 2017
11 janvier 2017