COMMERCE DE PROXIMITE : ETAT D’URGENCE

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« Il y a trois ans, lorsque nous nous sommes présentés à la Chambre de Commerce, nous alertions tous les élus sur l’état d’urgence qui menace le commerce de centre-ville à Perpignan et dans les bourgs centre du département (Rivesaltes, Prades, Ceret, Thuir, Amélie …), se souvient Bruno DELMAS, Président de L’Olivier. A l’époque, les élus politiques et ceux de la CCI, tous en chœur, nous accusaient d’exagérer, de donner des visions négatives, voire irréalistes. Malheureusement, on voit bien, aujourd’hui, que c’est nous qui avions raison… ». A ce jour, l’hyper-centre-ville de Perpignan compte plus de 145 commerces fermés tandis que 28 autres déclarent être sur le point de « baisser définitivement le rideau ».

COMMERCE DE PROXIMITE : ETAT D’URGENCE - An Infographic from L"OLIVIER | NOUVEAU PAYS CATALAN

[quote style= »style2″]Le Triangle d’Or est devenu le Triangle des Bermudes[/quote]

Le commerce de centre-ville, Perpignan en tête, est dans une situation plus qu’alarmante. Comme l’ont relevé les Jeunes de L’Olivier, le Triangle d’Or – quartier commerçant du centre-ville appelé ainsi car il forme un triangle – ne compte plus les devantures définitivement fermées tandis que les commerces restant souffrent une véritable descente aux enfers économiques : baisse du chiffre d’affaires, trésorerie exsangue, augmentation régulière et au-delà du raisonnable des loyers commerciaux, dégradation permanente de l’environnement commercial (problèmes de parking, de propreté, de sécurité avec de nombreuses agressions de commerçants et de clients difficilement enrayées malgré les dispositifs de caméras de vidéosurveillance dont la ville pullule …).

[quote style= »style2″]De sérieuses hypothèques sur l’avenir [/quote]

A ces problèmes se rajoutent des problèmes encore plus importants liés à l’avenir du centre-ville de Perpignan: la menace de déplacement du Palais de Justice vers le quartier Saint Assiscle, et donc le départ de dizaines de consommateurs quotidiens qui participent au dynamisme du centre-ville notamment aux heures des repas, n’est pas totalement écartée. Aucun élu n’a pris l’engagement du maintien de la nouvelle cité judiciaire en centre-ville. De même, le risque de voir les fonctionnaires de la préfecture quitter le centre-ville pour le Centre del Mon est toujours d’actualité, ce qui aggraverait encore plus la situation des commerces et des restaurants du centre-ville.

[quote style= »style2″]10 Hectares de nouvelles surfaces commerciales[/quote]

Enfin, les décisions politiques prises ces derniers mois par les élus de l’agglomération et des communes alentours ne vont pas dans le sens de la protection du commerce de proximité. Des dizaines de milliers de mètres carrés de surfaces commerciales en périphérie de Perpignan sont en projet:

  • Claira: après l’inauguration des 8000 m2 supplémentaires en mars dernier portant à 16 600 m2 sa surface commerciale utile, deux autres projets d’extension sont en cours. 8 500 m2 supplémentaires pour le Retail Park (actuellement à 9 000 m2) et 9 000 m2 supplémentaires sur une autre partie de la zone.
  • Pollestres: 22 180 m2.
  • Perpignan Sud : 12 800 m2 de surface commerciale utile sur le Mas Rous
  • Perpignan Château-Roussillon: 21 000 m2 de surface utile dans le cadre du projet Carré d’Or (non officiellement abandonné).
  • Cabestany Mas Guérido: 11 000 m2
  • Saint-Laurent-de-la-Salanque: 2 636 m2
  • Thuir : 11 292 m2

Ces décisions précipitent le départ des grandes enseignes présentes en centre-ville vers la périphérie: il y a fort à parier, qu’après s’être implantée dans la galerie Auchan, H&M ne décide de fermer son magasin du centre-ville. Il en est de même pour Célio ou Désigual dont le retrait progressif du centre-ville n’est plus un secret …

[quote style= »style2″]Un SCOT qui condamne le petit commerce.[/quote]

Dernière décision de nos élus réunis en l’hôtel de l’agglomération le 23 avril dernier, le vote du SCOT (Schéma de Cohérence et d’Organisation Territoriale) qui prévoit et valide le processus de construction de nouveaux mètres carrés de grandes surfaces alors que l’agglomération, par exemple, n’est toujours pas dotée d’un schéma d’aménagement des surfaces commerciales. Les élus de Perpignan ont eu beau protester -notamment les élus en charge du commerce comme Madame Queralt – ces derniers ont quand même voté à l’unanimité un plan qui condamne, à court terme, les commerces de proximité.

Toutes ces décisions condamnent chaque jour un peu plus l’avenir des commerces de proximité. Les élus doivent prendre conscience qu’en « tuant les commerces », ce sont les centre-villes que « l’ont tue » et donc, les villes entières, Perpignan y compris. L’Olivier lance une mobilisation générale pour stopper ce déclin du commerce qui condamnera, en suivant, la ville toute entière.

[quote style= »style2″]Ce que nous proposons[/quote]

  • Un gel des autorisations de projets de grandes surfaces pendant 3 ans,
  • Une motion immédiate du conseil municipal de Perpignan en faveur du maintien de la Cité Judiciaire et des effectifs de la préfecture en centre-ville,
  • L’acquisition du Mess des Officiers (situé au pied du Castillet) pour y créer un pôle d’attraction touristique comme la Maison des Vins du Pays Catalan (et non un office de tourisme),
  • La construction de halles alimentaires (de tradition et bio) sur le marché de la République,
  • La création d’une société foncière commerciale dotée d’un budget de 12 M€ (à l’initiative des collectivités et des banques locales) pour acquérir et recalibrer l’immobilier commercial du centre-ville de Perpignan,
  • La création de 300 places supplémentaires de stationnement sur Perpignan,
  • La mise en double-sens du Boulevard Clémenceau,
  • La création d’un poste de manager commercial du centre-ville, en charge de la structuration et de l’animation de l’offre commerciale en relation avec les commerçants du centre-ville.

L’Olivier lance une large consultation des commerçants et des usagers de Perpignan dans le but de proposer aux élus et aux candidats aux prochaines élections de s’engager sur des décisions et des calendriers précis. Vous aussi, participez à cette vaste consultation. Faites-nous part de vos commentaires.

9 Commentaires
  1. Je suis agent immobilier sur Perpignan depuis 8 ans, mon bureau se trouve a proximité du quai vauban et de la place bardou job donc en centre ville.. En effet c est catastrophique !! Les vitrines se vident, les rideaux ferme, les rues et les magasins sont vide, rue foch, rue des augustins, rue de l argenterie, rue de la fusterie, meme le boulevard Clemenceau et l avenue du general de Gaulle, la quantité de locaux qui ferme et qui reste fermés s est impressionnant.
    les passants font tous la tête et l ambiance est morose. Les rues sont sales peuplées de mendiants et d une population peu agréable
    et respectueuse. Pas un feu rouge sans un mendiant.
    Plus aucun clients veulent investir en centre ville a cause de toutes ces raisons et croyez moi je les comprends!!
    L immobilier a Perpignan est devenu mission impossible, même les jeunes couples en 1er acquisition fuit le centre ville a cause de l insécurité et du manque de stationnement et le reste. Travailler en centre ville est complique, manque de places, 3 euros pour 2 h de stationnement avec un temps maximum de 2h. Et si par malheur vous loupez 15 minutes entre deux tickets 17euros de PV.. Très rapide et efficace avec leur nouveaux appareils pour verbaliser!!
    Enfin oui en effet le centre ville disparaît. Je suis de tout cœur avec vous, et si on doit le faire savoir par une manifestation ou une pétition je serais présente plutôt deux fois qu une..

    Sendrine

  2. Je ne pense pas que seul des projets relance le centre ville. C’est tout un état d’esprit qu’il faudrait changer. Etat d’esprit des commerçants, des consommateurs, des propriétaires, des habitants, des politiques, des élus, des agents ( de police municipale en autres), Bref trop de chose qui se sont encrés au fond de chacun d’entre nous et a échelle nationale. Quel bonheur d’aller en ville, tourner 1h pour trouver une place, en passant devant 10000 places handicapées libres, pour finir par en trouver une payante à un tarif exorbitant, ou risquer l’amende alors qu’on ne gène pas forcément, aller boire un café à 1€70, et acheter des fringues à Désigual à 70€ le T-shirt, tout ça biensûr dans le département des PO le plus touché par le taux de chômage en France. On à mis plus de 30 ans pour en arriver la, ce n’est pas demain qu’on en sortira. Vivement le RMI et le SMIC à 2500€.

  3. Commerçant quartier Gare, je partage l’analyse et le remède en attirant l’attention sur ce quartier qui est aussi sinistré que le centre ville…
    + remise de l’avenue du Général de Gaulle (rue de la Gare) dans les 2 sens

  4. Étant commerçant , je suis tout à fait d’accord avec vos revendications ! Cela fait du bien de voir que nous ne sommes pas les seuls a avoir ce ressenti ! Pour ma part, le sens unique du boulevard Clemenceau est une catastrophe, on ne voit pas forcément tous les commerces ! Également , pour avoir discuté avec de nombreuses personnes, il règne une insécurité terrible en centre ville. Les parents d’adolescents ont même peur de les laisser faire du shopping l’après midi tant les agressions ou embrouilles sont présentes ! Je n’en n’ai que trop vu perso ! Et c’est malheureusement la jeunesse qui dynamise une ville ! Merci a vous et je suis de tout cœur avec vous !

  5. bonjour!
    je suis attristé par la dégradation de la vie dans villes et villages de la pleine de Perpignan et je comprend fort bien vos inquiétudes! En 2008 j’écrivais une lettre à tous les maires et élus « l’architecture communicative ». cette dernière exposait les perspectives que vous vivez entre autre actuellement. Je me suis même entretenu avec jean-Paul Aldui lors d’un rv. ce dernier, de façon poli, me répondit qu' »hélas » il ne disposait pas de moyen pour créer un poste offrant mes compétences. Vous « mourrez » tous si vous ne réagissait pas de façon énergique avec des actions remarquables aux quelles les élus n’ont pas l’habitude de faire face. je me tiens à votre disposition pour en parler.
    Ivan Chosse

  6. bjr

    Installe rue Marechal Foch depuis 4 ans je vois le centre ville mourir à petit feu seuls les plus fideles viennent encore nous voir c est regretable d assassiner un coeur de ville avec un tel patrimoine je soutiens tous ces projets
    a coiffet

  7. Je suis d’accord avec toutes vos demandes formulées.

    Une idée que j’avais déjà proposer lors de réunion de commerçants :
    crée des lieux et un emploi du temps pour les musiciens et artistes qui font la manche dans le centre ville afin de contrôler la qualité des prestations et encourager les bons artistes à partager leur art en animant la ville.

    Une autre idée : faire sortir les oeuvres ou travail en cours de tous les élèves des écoles d’arts de Perpignan le samedi et le mercredi par exemple… Art plastique, cinéma, photo, musique, danse, théâtre…
    Ceci encouragerait les jeunes élèves et motiverait les gens à venir au centre ville passer un bon moment.

  8. Très bon article, la ville manque en effet de place de parking (et si possible gratuites mais ça faut pas rêver)

    Pour ce qui est du boulevard Clémenceau, je ne suis pas sur qu’une remise en double sens change quoi que ce soit. j’y trouve la circulation fluide ainsi.

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5 mai 2013
5 mai 2013