DONNEZ-LEUR DE LA BRIOCHE … SUD DE FRANCE !

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Aux agriculteurs qui demandent des actes et des engagements face à la concurrence internationale, la région leur oppose une marque qui peine à justifier sa raison d’être …

La lecture de L’Indépendant a de quoi nous faire bondir: aux agriculteurs catalans qui demandaient à Christian BOURQUIN, président du conseil régional, s’il les soutenait face aux importateurs marocains de fruits et légumes (voir notre édito sur l’affaire des droits de douane Europe-Maroc), ce dernier leur a fait répondre :  » J’‘ai Sud de France à vous offrir. C’est déjà beaucoup ».

Cette réponse nous rappelle une réplique (faussement) attribuée à Marie-Antoinette qui fit dire aux pauvres qui se plaignaient de n’avoir plus de pain: « Eh bien qu’ils mangent de la brioche ! »  ce qui démontrait à la fois sa méconnaissance des vrais problèmes et surtout, le cynisme (pour ne pas dire) la bêtise de sa réponse.

C’est un peu le cas de celle qu’a formulé Christian BOURQUIN: outre le fait qu’il n’a pas eu le courage de répondre précisément aux agriculteurs catalans sur l’affaire des droits de douane (ce dernier est non seulement président du conseil régional mais aussi sénateur … il a de quoi, par conséquent disposer d’un avis autorisé), sa réponse a de quoi surprendre: en quoi une marque peut-elle sauver nos agriculteurs du marasme dans lequel ils se trouvent depuis bien des années ?

Cette marque « Sud de France » (SDF pour les intimes) semble présentée comme l’Alpha et l’Omega de la politique commerciale régionale. Comme si le seul fait de s’en revendiquer permettait d’espérer multiplier les ventes et les exportations de produits régionaux du simple au double, voire de 1 à 10.

Créée en 2007, Sud de France a déjà englouti des dizaines de millions d’euros pour définir « des stratégies collectives de développement à l’international et mettre en place des actions structurantes d’envergure nationales et internationales pour permettre aux entreprises régionales de conquérir de nouveaux marchés ». Nous sommes donc bien dans le registre de l’export et donc, de la conquête de nouveaux marchés pour nos agriculteurs et nos professionnels de l’agroalimentaire.

A y regarder de près, on ne peut pas dire que les résultats soient très encourageants:

  • en 2009, le Languedoc-Roussillon se trainait en 19ème position (sur 22) des régions françaises exportatrices
  • en 2012 (et des millions d’euros investis dans Sud de France), notre région occupe toujours la même place pour 1,4% du total des exportations françaises !

Et pourtant, Sud de France a englouti des montagnes d’argent public :

  • 6,6 Millions d’euros par an pour « faire tourner » la structure
  • 13 M€ pour la promotion de la marque elle-même.

Autant dire que ce n’est pas avec Sud de France que Christian BOURQUIN aidera les agriculteurs à se tirer de la situation désastreuse dans laquelle ils se trouvent.

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14 mai 2014
14 mai 2014