ET MAINTENANT…RIEN NE VA CHANGER…

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A l’issue des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, le paysage politique tant national que local est toujours aussi désespérant.

Bruno DELMAS, président de l’Olivier ne mâche pas ses mots !

C’est devenu une habitude chez nous comme dans le reste de la France. Après chaque élection, les pleureuses de la République squattent les écrans de télévision pour nous dire : « Plus jamais ça … On a compris … On a entendu les français qui veulent, maintenant, que ça bouge pour de bon … ».

Mais qui peut croire que l’on peut changer de politique sans changer le personnel politique ? En clair, sans « dégager » celles et ceux qui squattent le pouvoir depuis tant d’années ?

Car la politique a cela de particulier: en cas d’échec, aucune sanction. A la différence de tous les autres univers de la vie, échouer en politique n’entraîne aucune conséquence.

Car, c’est bien la seule signification du vote Front National que personne ne veut vraiment commenter ces derniers temps: si, à Perpignan comme dans le reste du département, le parti de Marine Le Pen réalise des scores vertigineux, ce n’est pas parce que notre département accueille de plus en plus d’extrêmistes ou de « facistes » (selon l’expression convenue) élection après élection.

Celui ou celle qui a voté Front National a d’abord exprimé son ras-le-bol et son envie de « renverser la table » !

Ces citoyens en ont marre de voir toujours les mêmes têtes, d’entendre toujours les mêmes explications, de devoir assister – impuissants – à une situation de plus en plus déclinante.

Quant aux autres, avec de moins en moins de convictions, ils peinent à venir renforcer les digues d’un front républicain qui se réduit comme peau de chagrin. Qui peut dire qu’un front républicain existe vraiment quand il ne pèse plus guère que 56% ?

A Perpignan, élection après élection, la droite et le centre reculent et ne sont « repêchés » qu’au bénéfice d’un front républicain qui convainc de moins en moins. Pourquoi ? Car il ne sert à sauver que des élus dont les citoyens ne veulent plus. Pas de quoi soulever d’enthousiasme n’est-ce-pas ?

Perpignan gérée par la droite ? 30% des jeunes en dessous des seuils de pauvreté, plus de 15% de chômage, des commerces étouffés par une urbanisation commerciale galopante, un tissu économique exsangue … et, a contrario, des collectivités toujours « plus grasses », avec toujours plus de personnels et, au final, toujours plus de dettes et d’impôts locaux. Ce résultat à qui le doit-on sinon aux élus locaux de tous bords ? Donne-t-il envie de voter pour eux ? Non !

A l’échelle du département géré par la gauche, nous avons avec Madame Malherbe le « degré zéro de la politique », une élue et une majorité sans vision, sans projet, sans perspectives. Des dépenses sociales qui s’envolent, des aides qui créent un plus grand sentiment d’injustice sociale qu’elles ne réparent vraiment de fractures. Des territoires ruraux à l’abandon, livrés à eux-mêmes ou à la cupidité de certains promoteurs … La gauche, ne l’oublions pas, n’a pas été élue au conseil départemental en mars dernier. Mais seulement – elle aussi – désignée par défaut au nom du « sacro-saint » front républicain.

Il en ira de cette expression comme du reste dans les prochaines élections: un ressort cassé qui ne servira plus à rien. Car je fais le pari que rien ne va changer du côté de nos élus et que certains scores continueront de monter. Inexorablement, la vague emportera le peu de digue qu’il restera. Car cette digue ne ressemblera plus à rien d’ici là.

Ce qui crée la peur des électeurs, ce sont nos valeurs toutes entières (nos paysages, notre culture du travail, notre identité rurales …) qui sont délavées, mandat après mandat, par des élus sans autre ambition que de préserver leurs places et leurs acquis.

La politique crève d’être devenue un métier et nous comptons chez nous le plus grand bétail de professionnels de la politique. Ces gens-là ne sont pas désintéressés et s’accrochent à leurs postes, leurs avantages quelques soient les résultats électoraux dont ils sont comptables.

Ce n’est pas tout de parler de République à tout bout de champ (au point d’en galvauder le sens profond). Une république repose aussi et d’abord sur une démocratie. Dans une démocratie moderne (comme dans les pays d’Europe du Nord ou aux Etats-Unis), lorsqu’un politique échoue il démissionne. Chez nous, au contraire, servi par des arguments « étouffe-chrétien » comme celui du front républicain, il persiste et signe ! A ce jeu-là, en croyant servir la République, c’est bien la Démocratie toute entière qui recule !

Illustration: Bruno DELMAS @LOLIVIERNPC

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15 décembre 2015
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