LA VERITABLE HISTOIRE DU CENTRE NATIONAL DU RUGBY

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Depuis cette semaine, l’équipe de France de rugby est en préparation en Pays Catalan. Pour quelques temps, les bleus préfèrent Canet à Marcoussis où est installé le Centre National du Rugby; un équipement hors norme qui aurait pu s’implanter chez nous … Mais comme d’habitude, nos élus ont brillé par leur manque de vision et leurs gueguerres stériles. Retour en arrière …

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Que n’entendons-nous pas dans la bouche de nos « grands élus »: « Perpignan, Pays Catalan, Terre de Rugby ! ». C’est beau de les voir, de les entendre (surtout à l’approche des phases finales) dans les loges VIP des grands stades perpignanais nous déclamer leur amour pour ce rugby « qui est dans l’ADN catalan » … Dont les dirigeants catalans occupent aussi les plus éminentes fonctions dans les fédérations nationales … Et pourtant, lorsqu’il s’agit de passer aux choses sérieuses – comme d’habitude en Pays Catalan – il n’y a plus personne.

49 M€ d’investissements qui nous ont échappé

Ces jours derniers, comme le rappelle L’Indépendant, l’équipe de France de rugby est venu se préparer à Canet, délaissant pour quelques jours la « riante cité de Marcoussis » en région parisienne. Depuis 2003, cette « capitale » du rugby accueille le principal centre de préparation de nos équipes nationales, un véritable « Clairefontaine du rugby français ». Avec ses installations ultra-modernes, le CNR (Centre National du Rugby) a réuni 49 M€ d’investissements sur Marcoussis dont plus de 2/3 du total entièrement financé par la fédération française de rugby; un projet qui n’a coûté que 33% de subventions locales et nationales :

  • un prêt bancaire souscrit par la FFR de 19,8 M€
  • un apport en cash de la FFR de 7,622 M€
  • un apport en cash de la marque Nike pour 2,560 M€
  • une subvention de 6,1 M€ du ministère de la jeunesse et des sports,
  • Enfin, en ce qui concerne les collectivités locales : 7,2 M€ pour le conseil régional Ile de France, 3 M€ pour le conseil général de l’Essonne et, seulement, 150.000 pour les communes de Linas et Marcoussis

L’équipement est aussi un fer de lance du tourisme d’affaires sur Marcoussis puisqu’il a permis la création de :

  • 15 salles de réunion qui accueillent régulièrement les séminaires d’entreprises: avec des salles de 80 à 250 personnes, Marcoussis accueille des groupes de travail qui réfléchissent le matin et s’essaient au rugby l’après-midi,
  • Une résidence hôtelière de 5000 m2 avec 85 chambres,
  • une salle de restaurant pouvant accueillir 250 convives,

Sur le plan économique et financier:

  • le CNR a généré la création de 24 emplois; une quarantaine d’autres dans les équipements de restauration voisins …
  • sans compter sur les 600.000 € de taxes locales rapportées chaque année à la commune d’accueil,

Désormais, 50% de l’activité économique du CNR repose d’ailleurs sur l’organisation de séminaires … En conclusion, Marcoussis a su tirer un bénéfice total du rugby … pour une ville qui n’avait rien à voir avec le rugby !

Et Perpignan dans tout ça ?

Eh bien Perpignan, n’a tout simplement pas été candidate à l’implantation du CNR. Petit historique de ce projet que nous n’avons pas su implanter chez nous:

  • 1997 : La FFR décide de lancer le projet pour anticiper la professionnalisation du rugby qui va nécessiter des installations dédiées aux grandes équipes,
  • Septembre 1998 : un appel à candidature aux villes françaises est lancé. La FFR annonce la couleur: 66% des 50 M€ du budget seront apportés par elle … un investissement massif dont le coût final sera des plus faibles pour les collectivités locales, eu égard aux retombées économiques réelles.
  • 27 janvier 1999: fin du dépôt des candidatures. Perpignan, capital du rugby, n’a déposé aucune offre…
  • Le 2 juillet 1999, la ville de Marcoussis est choisie
  • Le 10 septembre 2002, Jacques CHIRAC inaugure le CNR

Entre temps, que s’est-il passé ?

Bruno DELMAS se souvient : « J’étais alors directeur de cabinet du conseil général. Avec Christian BOURQUIN, quand on a vu l’appel à candidature, on a bondi en se disant que cet équipement ne pouvait pas échapper au département. Parce que le rugby est dans notre ADN et que nous avons des atouts climatiques et environnementaux exceptionnels, sans compter la proximité avec l’aéroport de Barcelone qui permettait d’accueillir la préparation d’équipes étrangères. Comme il fallait que la candidature soit portée par une ville, nous avons immédiatement contacté Perpignan pour qu’elle se mette sur les rangs avec le concours financier du conseil général. Là, je suis tombé du 43ème étage: les élus nous ont dit qu’ils trouvaient anormal que le conseil général se mêle de ce dossier. Que la mairie verrait bien toute seule si elle serait candidate et, finalement, ils n’ont pas candidaté ! ». U nouvel épisode des guerres stériles qui opposent depuis des années des élus locaux sans vision, sans humilité et … sans amour pour le Pays Catalan, au point de lui faire rater des opportunités exceptionnelles comme celle-ci.

Pour preuve, aucun dossier n’a été déposé par Perpignan alors que plusieurs villes françaises se sont mises sur les rangs comme en témoignent les archives de la FFR: Hourtin (33) , Maffliers (95) , Marcoussis (91), Vichy (03), Yerres (91), Aire-sur-la-Lys (62), Colomiers (31), L’Isle-Adam (95), Ennery (95), Torcy Coriolis (71), Béziers (34), Tarbes (65), Carmaux (81), La Londe Les Maures (83), Villeneuve La Garenne (92), Narbonne (11), Dammarie-Les-Lys (77) et Marnes La Coquette (92). En revanche, Chantilly Gouvieux (60), Tremblay (93), Mesnil Le Roi (78), Vittel (88), Villers-Cotterêts (02), Soustons (40), Montceau-Les-Mines-Maugrand (71) et Marnes La Coquette (92).

Ce qui est fou, c’est que personne n’est au courant de cette histoire : que les élus de Perpignan n’ont jamais communiqué ni justifié cette décision. ..

Plutôt rapiécer Aimé Giral

Au final, 17 dossiers sont présélectionnés dont Narbonne, Tarbes et Colomiers pour les plus proches: « Ces projets n’avaient aucune mesure avec celui que nous portions pour Perpignan, se souvient Bruno DELMAS. A l’époque, comme la question d’Aimé Giral se posait, nous avions pensé que cet investissement aurait permis de bâtir une véritable Cité du Rugby à la sortie de Perpignan – nous avions pensé à la route d’Argeles – avec le CNR et un nouveau Grand Stade … Mais les élus de la ville nous ont dit qu’ils préféraient investir des millions à rapiécer le vieux stade car ils disaient « nous voulons garder l’âme d’Aimé Giral » … Je crois que je n’ai jamais entendu de sottises aussi grosses … ».

Donc, bye bye le projet de CNR et ses retombées en termes économiques et d’image. Entre temps, les collectivités ont misé des millions d’euros sur Aimé Giral sans que le stade ne devienne un véritable outil économique sur lequel l’USAP aurait pu s’appuyer pour se redéployer. Et, en lieu et place d’une Cité du Rugby, nous avons maintenant un festival de grandes surfaces qui en appellent beaucoup d’autres encore.

Pour la petite histoire, à une exception près, les élus de Perpignan sont toujours en place et s’affichent allègrement dans les allées d’Aimé Giral tout en se félicitant aujourd’hui que l’équipe de France vienne  passer quelques jours à Canet en Roussillon … Et tout est ainsi dans notre beau département.

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1 Commentaire
  1. Comme vous avez raison, il y a à la tête de cette ville une bande d’incapables, ils sont à l’image de ceux qui dirigent notre cher pays. A long nous avoir un jour des hommes et des femmes d’un niveau autre que des ENARQUES qui nous ruinent et qui nous enfoncent de jour en jour. Il y a des possibilités de redresser notre pays et surtout notre département à conditions de donner à ceux qui ont des idées et des initiatives de les encourager sur cette voie. Sans cela nous risquons de nous retrouver dans la situation de la GRECE.

    Au lieu de faire un Musé du souvenir au Camps JOFFRE qui va couter des millions, sans oublier le passé, il serait préférable de l’aménager et dans faire une vaste zone artisane et industrielle en faisant des appels aux entreprises qui souhaiteraient venir s’implanter dans le département. Voilà quelques idées

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27 janvier 2015
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