OCCITANIE : ON AURA AU MOINS GARDE LES ANES !

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Au terme d’un insoutenable suspens, c’est bien le nom d’Occitanie qui s’imposera à tous.

Il est vrai qu’avec 12 départements occitans sur 13 que compte la (nouvelle) région, l’espoir de voir émerger la notion de « Pays Catalan » était plutôt mince.

C’est ce que L’Olivier avait été le seul – et le premier – à annoncer le 7 octobre 2014 (presque deux ans déjà) quand nous alertions les élus du département, en vain. A cette époque, à Narbonne, nos voisins occitans – réunis en « union sacrée » des élus de tous bords – tombaient d’accord pour proposer le nom d’Occitanie aux dirigeants de la future grande région. Quant aux élus catalans de tous bords, aucune trace, aucune réaction : bref, silence radio ! Comme à leur habitude, condescendants à l’extrême, la majorité d’entre eux réagissait sur un ton las: « Mais rien n’est fait … Attendez un peu que tout cela se mette en place … Nous ne nous laisserons pas faire … ». Effectivement, on vient de le voir !

Les Occitans ont fait l’Union Sacrée … les élus catalans, jamais, comme à leur habitude !Bruno DELMAS

Première leçon à retenir : quand les Occitans savent se réunir, faire l’union sacrée, longtemps à l’avance (c’est aussi cela la politique et la vision) pour faire gagner leurs idées, les élus catalans, eux, n’ont ni vision ni le sens de l’union sacrée. Ils regardent passer les trains et protestent mollement, le moment venu.

La protestation ! C’est le deuxième acte de l’affaire : les voilà tous se dresser, maintenant que la consultation populaire a tranché et que la région va entériner le choix d’Occitanie demain. Regardez-les se confondre en explications :

Tout sauf Pays Catalan !Bruno DELMAS

Madame MALHBERBE, Présidente du conseil départemental : « Nous étions pour que la région s’appelle Occitanie Pyrénées Méditerranée » … ou comment éviter l’appellation « Pays Catalan ». Car les Pyrénées touchent aussi l’Ariège et la Haute Garonne, tandis que la Méditerranée touche aussi l’Aude, l’Hérault et le Gard, tous 5 territoires occitans par excellence qui sont concernés par la Méditerranée et les Pyrénées … Quel sens a donc cette proposition ? Pourquoi s’évertuer à gommer l’identité catalane qui est, au moins, aussi forte que l’identité occitane ?

Madame NEUVILLE, secrétaire d’Etat, enfonce le clou sur l’appellation « Occitanie Pyrénées Méditerranée ». Même négation de notre identité que sa collègue Madame MALHERBE, aucune énergie à défendre le Pays Catalan : « La référence aux Pyrénées-Orientales a toujours existé dans le nom de la région … » dit-elle. Oui, peut-être, mais ce n’est plus le cas et cela ne la choque pas. A l’inverse, la référence à l’Occitanie n’était pas présente dans le nom précédent des deux régions et la voir apparaître ne la choque pas non plus… On n’est pas à une contradiction près.

Monsieur PUJOL, maire de Perpignan et président de l’agglomération, militait aussi pour Pyrénées Méditerranée. Pourquoi ce nom ? Est-ce que Pyrénées Atlantique est un nom à ce point populaire internationalement pour qu’on le décline de ce côté-ci des Pyrénées ? Non, en fait, comme ses collègues de gauche, Monsieur PUJOL dénit toute référence au Pays Catalan ; d’ailleurs, à son arrivée à la mairie, son intention n’était-elle pas de débaptiser Perpignan La Catalane par Perpignan La Méditerranéenne ?

Et pour terminer, nos chers élus ou responsables catalanistes : cette actualité leur donne une occasion de montrer qu’ils sont encore vivants. Qu’ils sont aussi des êtres pétris de contradiction : aux dernières élections départementales de 2014, les deux partis étant alliés avec l’UMP n’ont jamais prononcé la moindre proposition pour que le département porte le nom de Pays Catalan – seul L’Olivier avait fait cette proposition – pas plus que l’idée de créer une collectivité de statut spécifique comme ils le réclament aujourd’hui. A l’époque, leurs alliés (jacobins jusqu’au bout des ongles) ne voulaient pas en entendre parler et ces grands défenseurs de la cause catalane se sont tapis au ras du sol comme à leur habitude. Alors, leurs vaines protestations du jour sur le thème « retenez-moi ou je fais un malheur !» …

En fait, une fois de plus, nous arrivons après la guerre: j’ai personnellement toujours milité pour que le département change de nom et devienne Pays Catalan. Le nom est clair et il est vendeur. Le sujet n’est pas de clamer haut et fort une catalanité décalée mais de faire du véritable marketing de territoire. Autour de ce nom, nous pouvions tout décliner: notre tourisme, notre agriculture, notre culture … Aucun élu n’est allé dans ce sens; souvenez-vous du savoureux « Accent catalan de la République française » ou comment réduire notre identité, notre force à une question d’accent…De ce point de vue, Charlotte Julian avait été meilleure de ce point de vue là pour promouvoir l’accent des catalans…et sans que cela coûte quoique ce soit aux contribuables.

En fait, depuis des années, nos élus de droite et de gauche éludent cette question de l’appellation. Par peur de déplaire aux jacobins, par manque de vision certainement, par manque d’attachement à l’identité du territoire …

Deuxième leçon à retenir : Amis catalans, n’en voulez donc pas à Madame DELGA, Présidente de la région, qui se range derrière un vote populaire, mais plutôt à vos élus locaux qui n’ont rien à faire de notre identité catalane ! Qui se réveillent toujours (volontairement) quand la guerre est finie et qui ne sont pas capables de se battre sur des valeurs essentielles comme l’identité.

L’identité, justement, parlons-en !Bruno DELMAS

Etre catalan est-ce parler le catalan ? Non !

L’identité d’une société, elle se lit d’abord dans le respect qu’elle a de son territoire, de ce que les générations passées ont forgé : quelle est notre identité aujourd’hui ? est-elle aussi lisible que celle du Pays Basque, ses belles maisons blanches aux volets verts et rouges, ou est-elle celle d’un pays où l’urbanisme et l’habitat relèvent du « n’importe quoi » par la faute d’élus incompétents, pour ne pas dire pire.

L’identité est-elle dans nos paysages ? Qu’y lit-on aujourd’hui ? L’abandon des terres agricoles et des agriculteurs par des élus qui n’ont eu que faire de leur avenir ? Par des responsables locaux qui préfèrent allouer les terres à construire des grandes surfaces ? Belle identité catalane !

L’identité est-elle dans notre art de vivre ? Dans les repas que nous donnons à nos enfants dans les cantines où 99% des produits proviennent de l’extérieur ? Dans la préservation de notre patrimoine (aucune aide publique, par exemple, pour aider la ville de Collioure à renforcer son célèbre clocher, une mobilisation sans fin pour faire reconnaître l’importance de sauvegarder le Train Jaune) ?

L’identité est-elle dans notre économie ? Dans les réalisations de nos élus qui ne privilégient que les constructions absurdes au lieu d’investir dans le tissu économique ? Dans l’aide sociale de guichet qui a transformé notre département en bureau d’aide sociale à ciel ouvert ? Dans l’absence formelle de soutien aux vieilles générations, notamment les vieux agriculteurs, qui se morfondent avec des aides dérisoires …

Être catalan, c’est être exigeant !

Voilà où en est notre identité après au moins vingt ans de laissez-aller politique : alors, le nom dans tout cela … ce n’est qu’une occasion pour certains de gesticuler pour rien car ils sont coupables de tout.

L’identité catalane – que l’on soit né ici ou pas – c’est une exigence : celle du respect de notre terre, de l’art de vivre qui l’a rendue si célèbre et la capacité à inventer une économie nouvelle qui repose sur les piliers majeurs que sont l’agriculture (2% du budget départemental), le tourisme (pas mieux), le commerce de proximité (démoli par les milliers de mètres carrés de grandes surfaces), la promotion de nos jeunes à s’exporter, voir le monde et revenir ici plein d’idées à mettre en oeuvre … Car ici, la terre est bonne (dans tous les sens du terme) et tout peut y pousser; surtout les bonnes idées !

Je ne suis pas catalaniste ! Je ne le serai jamais. Je suis catalan et je continuerai de porter cette exigence – même si ce sera long, même s’il doit m’en coûter – car rien ne s’élève sans reposer sur des racines profondément enfouies. Rien ne produit du bon sans être cultivé. Rien ne peut devenir sans agir …

C’est ce que nous ferons aux prochaines élections.

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23 juin 2016
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