PERPIGNAN : LES DOM-TOM PLUTOT QUE LA METROPOLE

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Perpignan n’a pas candidaté au rang de Métropole. En même temps, ici, on fait plutôt figure de Dom-Tom…

Le Parlement a voté la semaine dernière la création de 3 nouvelles métropoles (Metz, Tours et Clermont-Ferrand) et ferme la porte à la création de nouvelles métropoles françaises. Comme d’habitude, Perpignan brille par son absence et se voit reléguée (définitivement ?) au rang de ville « secondaire ».

Dans la jungle française des intercommunalités, avoir un rang de métropole c’est décrocher la « première place », celle des « villes qui comptent dans le pays ». Depuis jeudi dernier et le vote du Parlement, la France compte désormais 22 métropoles :

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La Métropole n’est pas qu’une simple appellation technocratique: c’est vraiment l’affirmation d’une volonté et des moyens nouveaux pour un territoire tout entier. Avoir le statut de métropole pour une ville comme Perpignan qui rayonne sur tout le département c’est :

  • se doter de compétences nouvelles sur le plan économique et apparaître comme vrai « chef de file » du développement économique: aujourd’hui, la ville et le département se disputent tellement cette compétence qu’elles finissent par se neutraliser l’une et l’autre dans cette matière. Résultat: aucun résultat ! Et des taux de chômage qui frôlent l’indécence …
  • se doter de moyens supplémentaires en matière d’urbanisme: alors que nous fonctionnons aujourd’hui avec une structure indépendante qu’est le SCOT et que d’un secteur à l’autre de la plaine du Roussillon le département ressemble plus à une mosaïque informe et sans goût qu’à un territoire qui se donne les moyens de ses ambitions,
  • avoir des compétences élargies en matière d’habitat et de politique de la ville: aujourd’hui, la ville dépend des subsides que les grands bailleurs de fonds veulent bien lui verser sans perspective aucune ni grand plan d’ensemble à 10 ans. Résultat: chaque maire fait ce qu’il veut dans son coin sans se soucier d’une cohérence globale. Les villages deviennent des masses informes à la démographie galopante aux mains des promoteurs immobiliers les plus avides,
  • sur le plan environnemental et sur le sujet du traitement des déchets: aujourd’hui, tout est délégué à un syndicat intercommunal (le Sydetom) et Perpignan est l’une des rares villes de sa taille, en France, à n’avoir pas généralisé le tri sélectif, par exemple.

Le statut de Métropole n’est pas la solution à tout mais il aurait permis de mettre un terme aux guerillas qui opposent nos élus locaux depuis des années entre la ville, l’agglomération, le département, les communautés de communes, les syndicats intercommunaux, etc …

Perpignan aurait pu prétendre à ce statut puisque le gouvernement avait assoupli cet été les règles pour devenir Métropole. D’ailleurs, certaines villes (de taille similaire à Perpignan) ne s’y étaient pas trompées : avec Dijon, Orléans, Saint Etienne et Toulon.

Les 3 nouvelles villes (dont Tours qui se situe à quelques kilomètres d’Orléans) ont bien travaillé leurs dossiers et ont obtenu gain de cause. Il faut dire que, dans ces territoires, l’union sacrée (prônée depuis des années par L’Olivier) n’est pas un vain mot: pour les élus des villes concernées, les projets ont été déposés à l’unanimité des élus de droite et de gauche réunis.

Voilà donc encore une occasion de ratée. Surtout, en plein débat sur la région Occitanie où notre département se voit réduit à sa plus simple expression: nos élus auraient pu saisir la balle au bond depuis la création des nouvelles régions (discutée depuis 2014) et obtenir le maximum de soutiens – y compris celui de la nouvelle présidente de région – pour obtenir le statut de métropole à Perpignan.

Mais, là aussi, c’est beaucoup leur demander : être imaginatif, prévoyant et visionnaire pour la ville et le département n’est pas leur fort.

Ce n’est pas non plus celui des défenseurs d’une collectivité locale spécifique pour le Pays Catalan : ces derniers qui « trimballent » ce serpent de mer sans queue ni tête et sans chance de l’obtenir, n’ont pas saisi la balle au bond pour imposer ce sujet aux élus du département: en même temps, ces derniers dépendent trop des postes et des indemnités que leur accordent les élus en place. Ceci explique peut-être cela.

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18 décembre 2016
18 décembre 2016