PERPIGNAN: POUR UN COEUR DE VILLE VIVANT

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Le cœur de ville de Perpignan est sous le coup d’une triple menace : la paupérisation de Perpignan (32% des habitants y vivent en dessous du seuil de pauvreté), la concurrence des commerces en périphérie (590 ha de surfaces commerciales et 155.000 m2 supplémentaires validés par les élus), un centre-ville qui se dégrade à grande vitesse faute de stratégie et … l’indifférence des élus.

Tous ces diagnostics et toutes les propositions de L’Olivier ont été présentés et débattus lors d’une réunion publique qui s’est tenue le 18 juin à 19:30 au Cinéma Le Castillet (centre-ville) en présence des commerçants et des membres de L’Olivier.

L’Olivier prend l’initiative d’une grande mobilisation en faveur du centre-ville de Perpignan car « un coeur de ville qui meurt, c’est la ville entière qui se meurt » souligne Bruno DELMAS, Président de L’Olivier. « Cela fait plus de trois ans que nous tirons la sonnette d’alarme, complète Myriam SUBIROS, Vice-Présidente de L’Olivier et Présidente de la CGPME. Les commerces de centre-ville sont en pleine crise économique mais aussi, de confiance. Les commerçants ne croient plus en l’avenir car aucun signal positif ne leur est donné par les pouvoirs publics« .

Comme l’a relevé L’Olivier, déjà plus de 145 commerces ont baissé rideau dans l’hyper centre-ville de Perpignan: « Et alors que 28 autres sont en instance de fermeture, nos élus – qu’il s’agisse de la CCI ou de la mairie – nous indiquent que la situation est grave mais pas désespérée et qu’il n’existe aucune solution miracle. Alors, on attend quoi ? Qu’il n’y ait plus aucun commerce en ville pour réagir ! » réagit Christine ESPERT, Vice-Présidente de L’Olivier.

Parce qu’il est urgent de réagir, de prendre à témoin consommateurs et citoyens, L’Olivier lance une vaste campagne auprès des commerçants et de leurs clients: « Il est urgentissime que les élus, notamment ceux de la ville, prennent conscience que le sujet du commerce ne se limite pas aux seuls commerçants. Les citoyens et les usagers de Perpignan sont, eux aussi, inquiets de ce qui arrive au centre-ville, souligne Bruno DELMAS. Ils voient les commerces fermer les uns après les autres, ils déplorent que l’offre commerciale s’appauvrisse de mois en mois … comme si on voulait les pousser vers les galeries marchandes du centre-ville. A court terme, on peut se demander ce qui restera vraiment attractif en centre-ville ».

Pour L’Olivier et les commerçants partenaires, il n’est pas question d’opposer grandes surfaces et commerces de proximité : « Chacun a sa place dans l’économie à condition que les pouvoirs publics veillent à un rapport équilibré; ce qui n’est pas le cas à Perpignan. Chez nous, il y a 30% en plus de surfaces commerciales par habitant par rapport à la moyenne nationale et on continue de délivrer des autorisations en périphérie. Pire, les élus de Perpignan sont devenus des adeptes du double-langage en votant des mètres carrés en périphérie et en déplorant que les enseignes du centre-ville aillent s’y installer ! Notre première demande aux élus – à qui l’on va demander de s’engager par écrit – est de geler les mètres carrés de grandes surfaces pour les 3 prochaines années. Il faut donner du répit au centre-ville le temps de le reconstruire« .

D’autres propositions concrètes sont formulées par L’Olivier dans le cadre de sa consultation en faveur du commerce perpignanais :

  • S’engager à conduire les études nécessaires pour maintenir la Cité Judiciaire en centre-ville : la solution de la CCI, si elle n’est pas approuvée par le ministère de la Justice comme nous le craignons, ne doit pas aboutir à la seule solution de déplacer la Cité Judiciaire à Saint-Assiscle. La mairie de Perpignan doit lancer une étude de construction sur la Dalle Arago même si elle doit la financer largement. C’est vital pour le centre-ville que la Cité Judiciaire y soit reconstruite, avec un projet moderne et ambitieux pour les justiciables, les avocats et les magistrats.
  • Développer un pôle d’attraction touristique de haut niveau en lieu et place du Mess des Officiers (face au Castillet) qui est désaffecté depuis 3 ans : nous proposons d’y construire une Maison des Vins et des Terroirs du Pays Catalan qui pourrait être co-gérée avec les cavistes du centre-ville. Elle regrouperait toute la richesse de nos productions locales et constituerait une première étape de choix pour les touristes qui viendraient visiter le centre-ville. Cette maison doit être ouverte y compris le dimanche pour amorcer la pompe d’un trafic plus important en ville.
  • Créer une société foncière commerciale pour acquérir les murs commerciaux vacants de Perpignan et permettre à la mairie d’exercer un droit de préemption sur les locaux commerciaux à la vente. Grâce à cette foncière, on pourrait faciliter l’implantation de nouveaux commerçants selon un cahier des charges bien précis et en favorisant des commerces de qualité. Ces derniers se verraient proposer des loyers abordables et ne paieraient pas de droit au bail: autant d’argent qu’ils pourraient investir dans leurs commerces plutôt que de le dépenser sur des investissements incorporels.
  • Créer des halles alimentaires « à l’ancienne » sur la place de la République pour redonner une attractivité à l’hyper cœur de ville: « Ma proposition a été soutenue par 69% des perpignanais, souligne Bruno DELMAS. La mairie a joué l’indifférence et s’est obstinée à vouloir installer une « tente » avec le résultat que l’on connaît. Perpignan, ville touristique du sud, a les moyens d’avoir un vrai beau marché alimentaire en son centre. Cette ambition doit désormais devenir une réalité ! »
  • Créer un poste de manager du centre-ville: ce dernier doit être recruté pour monter de véritables opérations commerciales et développer le chiffre d’affaires des commerces. Il doit également être un relais entre les commerçants et les pouvoirs publics pour faciliter leur relation au quotidien comme le montage de dossiers de subventions. A titre d’illustration, Perpignan est la 50ème ville française en termes d’aides aux commerces de proximité d’où l’importance de ce recrutement.

Et bien sûr, revoir le plan de circulation et de stationnement de la ville: « En raison des guéguerres qui ont opposé la ville et le conseil général, Perpignan est une des rares villes de France de cette taille à ne pas être contournée. Ces retards ont provoqué de nombreux autres retards sur la mise en place d’un plan de déplacement urbain digne de ce nom. Nous ne sommes toujours pas piétonnisés en centre-ville et les stationnements sont sous-dimensionnés … » précise Bruno DELMAS.

 

 

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27 mai 2013
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