PRESBYTERE: SEULS LES IMBECILES …

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Comment faire et dire tout et son contraire.

L’Olivier se réjouit que la consultation lancée sur le devenir de l’ancien presbytère de la cathédrale ait abouti à la création d’un « espace méditerranéen » plutôt qu’à la construction in situ d’un couteux « espace cathédral » dont on se demande à quoi il aurait bien pu servir.

Bravo, par conséquent, à celles et ceux (90%) qui se sont prononcés pour ce choix plein de bon sens : l’espace sera dégagé et offrira une vraie perspective, il mettra en valeur l’accès au Campo Santo et à la Chapelle du Dévôt Christ et … il coûtera bien moins cher aux perpignanais dont les finances sont mises à mal par l’actuelle municipalité. Le projet « d’espace cathédral » aurait coûté au bas mot 3,3 M€.

Maintenant que cet épisode est terminé, on peut tout de même se poser de sérieuses questions sur l’attitude de Monsieur PUJOL et de son équipe:

  • Si l’on s’en tient aux récents évènements, on ne peut que dire « Bravo »: Bravo d’avoir consulté la population et de s’en être remis à cette décision de bon sens.
  • D’ailleurs, Monsieur PUJOL rappelle que ce projet avait toujours eu sa préférence et qu’il se réjouit du choix des perpignanais …

Mais, alors, pourquoi avoir voté le contraire à deux reprises durant ces deux dernières années ?

Un historique qui en dit long

  • L’histoire du presbytère commence en 2014 quand la mairie achète la bâtisse au diocèse pour un montant de 80.000 €,
  • En novembre 2014, le conseil municipal (et l’équipe de Monsieur PUJOL, à l’unanimité) vote une première fois en faveur d’un projet « d’espace cathédral » (le fameux projet qui se chiffrera plus tard à 3,3 M€),
  • Un appel d’offres à projet est lancé auprès d’architectes : la lauréate est une italienne, Suzanna FERRINI, qui obtient un budget de 314.880 € TTC (esquisse, suivi, etc …) (voir l’attribution du marché ici)
  • Fin 2015, le conseil municipal (toujours les mêmes, derrière Monsieur PUJOL comme un seul homme), votent la construction de cet espace cathédral: c’est bien leur conviction, construire un « espace cathédral » plutôt qu’une place végétalisée …
  • Courant 2016, différents avenants au marché sont même validés en conseil municipal et sont signés dans la foulée pour financer les travaux du cabinet d’architecte … Il faut faire vite, la mairie veut voir son « espace cathédral » sorti de terre pour 2017,
  • Jusqu’en décembre 2016, sur la page Facebook de la mairie, Jean-Marc PUJOL défendait même le projet d’espace cathédral avec une conviction inébranlable : « Je suis persuadé que ce projet verra un intérêt important … »
  • Et puis, patatras, du jour au lendemain, le bâtiment centenaire décide de devenir fragile, la mairie accélère sa démolition et entre dans la tourmente d’une polémique disproportionnée …

Des raisons qui font pschittt

La destruction du lieu est accélérée et, prenant un virage à 90°, Monsieur PUJOL annonce qu’il pourrait « geler » sa décision (mais pas les coûts qui vont avec) et s’en remettre à la sagesse populaire … il faut dire qu’elle semble lui avoir échappé depuis longtemps (30 ans de mandat, ça éloigne du peuple et de sa sagesse, c’est certain …).

Dès lors, tout semble avoir été orchestré pour faire machine arrière (plus d’argent pour construire ? des finances réellement exsangues ? une population affolée par un projet démesuré et sans intérêt ?..)

Et, jusqu’à l’épilogue de ces derniers jours, où Monsieur PUJOL brandit le résultat de sa consultation pour, finalement, renoncer à son projet; ce dont nous nous réjouissons.

Un monument de défiance

Ce n’est pas la première fois que Monsieur PUJOL fait le contraire de ce qu’il dit : souvenez-vous du lendemain de son élection de maire où il prenait également la présidence de l’agglomération alors que ce dernier avait fait campagne sur le non-cumul des mandats.

Ce n’est pas qu’un élu revienne sur ses mauvais choix qui nous dérange : c’est heureux pour la ville que des projets soient annulés s’ils ne sont pas opportuns pour la cité, ses habitants et ses finances.

Ce qui nous dérange, c’est l’aplomb avec lequel Monsieur PUJOL est capable de dire tout et de faire son contraire. C’est cette conviction qu’il emploie à dire des choses qu’il contredit immédiatement dans les faits.

A sa manière, il contribue donc à la défiance générale qui oppose désormais les perpignanais avec leur maire et sa majorité, les français avec leurs élus…

A Perpignan, les places sont chères

L’affaire du Presbytère est encore plus tortueuse : Monsieur PUJOL affirme aujourd’hui que son intention a toujours été de ne pas renconstruire in situ : on peut s’interroger, dès lors, sur la conviction qu’il emploie dans sa vidéo pour justifier le choix contraire aux perpignanais. Moment d’égarement ou pur mensonge ?

Secundo, Monsieur PUJOL affirme que c’était la seule « manoeuvre » pour forcer la main de l’Etat qui interdisait de détruire le presbytère sans reconstruire un bâtiment sur place; et ce, au titre des règlements liés au périmètre sauvegardé de la ville.

Il fallait donc faire croire à l’Etat qu’on allait reconstruire afin que ses services autorisent la destruction … Bon message adressé aux citoyens : trompez l’Etat si besoin … la fin justifie les moyens.

Le périmètre de sauvegarde auquel fait référence Monsieur PUJOL est défini par la Ville (et non par l’Etat): dès lors, rien n’empêchait la Ville d’en modifier le règlement et de voter des dispositions contraires: c’est-à-dire, autoriser une démolition sans reconstruction … donc, sans concours d’architecte coûteux ni polémique stérile …

Cela aurait coûté moins cher aux perpignanais (315.000 € d’études d’architectes) et l’affaire aurait été menée plus rapidement (destruction et aménagement sans passer par le bras de fer avec l’Etat et la coûteuse consultation des perpignanais).

Car cette affaire, au final, coûte très cher aux perpignanais :

  • Coût de l’architecte : 315.000 €
  • Coût des 3 architectes non retenus : 36.000 €
  • Coût de la destruction : +/- 200.000 €
  • Coût de la consultation : indéterminé, mais publicités achetées dans les quotidiens, dépliants distribués dans les boîtes aux lettres de la ville (+/- 30.000 €)
  • Coût de l’aménagement de la place : indéterminé mais aux alentours de 500.000 €
  • Estimation globale : 1 Million d’euros au bas mot, soit 9.000 € du mètre carré pour le futur projet (l’emprise au sol étant de 120 m2).

Y voir clair

En conclusion, ne nous laissons pas aveugler par le côté positif de cette consultation qui cache les gesticulations et les déambulations de Monsieur PUJOL et son équipe sur ce projet et, plus globalement, sur tous les projets d’aménagement de Perpignan (absence de vision, décisions contradictoires, coûts mal maîtrisés ou partiellement occultés …).

A Perpignan, les projets d’aménagement sont aussi clairs que l’eau qui s’écoule dans la Basse.

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7 juin 2016
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