REFORMONS LE TERRITOIRE ! FINISSONS-EN AVEC LA MEDIOCRITE POLITIQUE !

France - Redécoupage régional

Doit-on vraiment se réjouir de la réforme territoriale improvisée par le gouvernement Valls ? Si la perspective d’économies semble des plus floues, celle d’un affaiblissement supplémentaire du Pays Catalan, voire de sa disparition, est plus que certaine. Explications …

Réformer nos territoires, simplifier le « millefeuille » … tout le monde en veut, selon les sondeurs et les soutiens de l’actuelle majorité. La première des raisons d’un tel engouement tiendrait dans les économies financières attendues au plan national. On parle de 12 à 25 Milliards d’euros par an…Idéal, au moment, où tout le monde doit se serrer la ceinture. Tout cela, pourtant, ne peut vraiment pas être pris au sérieux. Voila pourquoi :

Une économie calculée le doigt mouillé au vent

  • Interrogé sur la manière dont cette économie est calculée, le ministre chargé de la réforme territoriale reste un peu court en arguments : « Si on n’est pas capable, à moyen terme après une réforme globale, de réaliser 5% d’économies, il faut arrêter de faire de la politique » (voir son interview sur RTL). Traduction: les collectivités locales représentent un budget global de 250 Milliards d’euros. En les fusionnant, on espère 5% de réduction des charges , soit 15 Milliards d’économies. Simple non ? Pourquoi n’y-a-t-on pas pensé plus tôt ? Et surtout pourquoi engager une réforme compliquée là où il suffirait de demander à chaque collectivité de s’engager à réduire ses charges de 5% par an. André Vallini, le ministre chargé de la réforme territoriale, également président du conseil général de l’Isere,  sait de quoi il parle : son budget départemental progresse, lui, de 3% chaque année …

Une précédente réforme qui n’a rien donné en termes d’économies

  • La précédente vague de réforme territoriale date de 1999 : en créant les intercommunalités (communautés de communes, d’agglomération, etc …), le millefeuille français devait, soit disant, connaître un sérieux régime d’amaigrissement. Souvenez-vous de ce qui nous était promis à l’époque des communautés de communes : elles allaient permettre de réduire les budgets des communes, les frais de personnels communaux … bref, de faire de sérieuses économies. Quinze ans plus tard, non seulement les économies n’ont jamais vu le jour mais les charges des collectivités locales et des intercommunalités ont littéralement explosé comme l’a rappelé la Cour des Comptes dans une série de rapports mémorables (2005 et 2009). En Pays Catalan, cette vague de « modernisation » s’est elle-même traduite par une prolifération des organismes intercommunaux (syndicats en tous genres, communautés, etc …). Aucune de ces structures ne s’est réformée, aucune n’a enclenché de véritable réforme budgétaire. Au contraire, les dépenses consacrées aux personnels, notamment, ont explosé d’année en année … pour quelle amélioration du service public ? Comme le rappelle la Cour des Comptes « le mouvement intercommunal s’est traduit par une forte progression des dépenses de personnel communautaires, sans diminution des dépenses des communes membres« .

Une méga-région qui va diluer le Pays Catalan

  • La fusion des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées est-elle une bonne chose pour le Pays Catalan ?  A l’heure actuelle déjà, le Pays Catalan est « l’enfant pauvre » du Languedoc-Roussillon avec le plus bas taux de récupération de subventions en provenance du conseil régional (moins de 16% du total régional); l’essentiel des fonds publics étant absorbés par Montpellier. Croire que cette tendance va s’inverser en étant fusionnés avec Midi-Pyrénées est une grossière erreur. Pourquoi ? Fusionner Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon c’est comme vouloir mélanger l’huile et l’eau. Tout oppose les deux conseils régionaux à plus d’un titre : Midi-Pyrénées est une région peu endettée qui investit 155 € par an et par habitant tandis que Languedoc-Roussillon n’investit que 117 €; A budget quasi-équivalent, notre région dépense plus en frais de fonctionnement et privilégie le saupoudrage, les actions de communication couteuses (LORDI, le train à 1€ …) … Est-ce que Midi-Pyrénées acceptera de « casser » sa dynamique pour maintenir ces politiques et rattraper les retards occasionnés en LR et en Pays Catalan ?
    Inutile de dire que la fusion des régions et des équipes politiques sera source de blocages sérieux pendant les premières années; des blocages auxquels les territoires les plus fragilisés comme le nôtre ne résisteront pas …
  • D’autre part, lorsque les deux régions seront fusionnées, Toulouse et Montpellier n’auront de cesse de récupérer le maximum de moyens financiers pour que l’une ou l’autre parvienne à s’imposer rapidement comme « La capitale économique et politique » de Midi-Pyrénées-Languedoc. Les départements à forte vocation rurale comme le nôtre continueront d’être les laissés pour compte de la politique régionale…
  • L’effet pernicieux de cette réforme qui vise à réduire à 14 le nombre de régions ne consiste par à renforcer les moyens que chaque région va diffuser dans ses territoires mais à aiguiser la concurrence entre les grandes capitales françaises issues de ces régions. Il est logique, dès lors, de penser que les élus les plus avisés n’auront de cesse de financer en priorité l’essor de leurs grandes capitales au détriment des zones plus fragiles que sont Perpignan et le Pays Catalan (qui seront, une fois de plus, les territoires les plus reculés de la future grande région …)
  • Aux élus locaux qui se réjouissent de cette fusion au motif que notre position méridionale et maritime apporte un plus à Midi-Pyrénées, nous répondrons que cette grande région n’attend pas de nous absorber pour discuter et travailler directement avec le gouvernement catalan. La coopération n’est pas affaire d’entremise géographique mais de crédibilité politique. Et sur ce plan-là, force est de constater que nos élus (de tous bords) manquent sérieusement de crédibilité …
  • En conclusion, accepter une fusion sans un engagement préalable des élus (et de l’État) sur les mannes financières qui devront revenir au Pays Catalan revient à signer un chèque en blanc à des élus qui pourront continuer d’ignorer notre territoire et de favoriser des pôles plus dynamiques de la future grande région … Le Pays Catalan est donc bel et bien menacé par cette fusion.

Le coup de grâce pour le Pays Catalan

Le Pays Catalan souffre de 30 années de glissements économiques et politiques alors que nos atouts sont exceptionnels. Sa fusion dans un si grand ensemble, au « finistère » de la future grande région achèvera cette lente entreprise de disparition. Nous ne pouvons pas l’accepter.

Il nous reste donc à démontrer – avec tous les élus volontaires et les futurs dirigeants du Pays Catalan – que nous pouvons sortir la tête de l’eau, réformer nous-mêmes nos collectivités, stopper les guerres intestines entre nos grands élus pour mobiliser entre nous des moyens inédits et bâtir – sur le socle de tout ce que notre identité porte en elle – un Nouveau Pays Catalan, plus exigeant, plus fort, plus fier. Finissons-en avec cette dépression et cette médiocrité politique qui nous assassine depuis des années et démontrons que nos racines, notre force au travail et notre amour du pays valent mieux que toutes les réformes … pour donner confiance à nos commerces et à nos entreprises, du travail à nos jeunes et de la fierté à nos familles !

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14 juin 2014
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