UN TELEPHERIQUE A PERPIGNAN

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Un téléphérique à Perpignan ? Ce n’est pas un poisson d’avril, juste le dernier délire des élus de la ville.

C’est à se demander s’ils ne le font pas exprès … histoire d’énerver un peu plus les citoyens, de provoquer la colère des électeurs et de poursuivre tranquillement leur délire de dépenses publiques. En lisant cette information, cet été, beaucoup d’entre nous ont d’abord cru que les ordinateurs de L’Independant s’étaient emmêlés les pinceaux et que la « Une » du 1er avril prochain s’était immiscée avec quelques mois d’avance dans le journal du mois d’août. Et bien non, les élus de la ville et de l’agglo ont bien le projet fou d’implanter un téléphérique pour traverser la ville du nord au sud …

Ici, ce n’est pas Brest, mais on y est aussi en rade …Bruno DELMAS

Après le cadran solaire géant à 400.000 €, le mini-viaduc de Millau sur la Têt à 6 Millions €, la dernière lubie des élus LR/UDI de Perpignan est de bâtir un téléphérique à plusieurs millions d’euros pour acheminer les perpignanais du nord au sud de la ville et vice-versa. Leur exemple ? La ville de Brest qui a préféré bâtir un téléphérique plutôt qu’un nouveau pont. Sauf que Brest est une ville portuaire, scindée par un bras de mer … rien à voir avec Perpignan (même si ici, c’est l’économie qui est en rade).

Autre différence majeure, le projet de Brest a couté 19 Millions d’euros pour un itinéraire de 420 mètres.

Si l’on suit les élus perpignanais dans leur délire, la liaison entre Tecnosud et l’Hôpital Joffre couterait 304 Millions d’€: 6,7 km (du nord au sud, à vol d’oiseau) rapportés aux 19 M€ pour chaque tronçon de 420 mètres …

Un projet à plus de 300 Millions

Il faut dire que, chez nous, plus le projet est farfelu, plus il accroche les élus en place à la ville. Le porteur de projet est Laurent GAUZE, le président de l’Agence de Développement Economique (comité théodule qui ne sert à rien comme nous l’annoncions à sa création il y a 3 ans). Cette agence est une émanation de la communauté urbaine, donc de la ville … et elle reste pilotée par les élus perpignanais. Son rôle est – soit-disant – de trouver des pistes pour créer de l’économie et de l’emploi, pas de délirer sur de nouvelles dépenses publiques sans intérêt.

Car ce projet est bien farfelu en tous points :

  • Comment peut-on imaginer qu’un téléphérique (dont le débit sera de quelques dizaines de personnes à l’heure) ira désengorger le trafic routier du centre-ville,
  • Qui montera dans un « oeuf » qui va forcément se déplacer à vitesse lente (aucun téléphérique urbain au monde ne dépasse les 2,3 mètres par seconde, soit à peu près 8Km/h). En clair, et sans compter les arrêts à la faculté, au centre-ville, etc … il faudra plus d’une heure pour aller de l’hôpital à Tecnosud … Effectivement, question efficacité, faudra repasser.
  • Et ce n’est pas fini, une fois de plus, nos grands élus ont oublié que notre département était célèbre pour ses nombreuses journées de tramontane: qui montera dans le téléphérique les 137 jours où la tramontane souffle à plus de 57 Km/h (données Météo France) … soit 1/3 de l’année où le fameux téléphérique ne pourra pas fonctionner (comme le fabuleux portique à 40 M€ installé au marché Saint Charles par l’agglo) (voir notre vidéo)

On a 20 ans de retard sur les vraies prioritésBruno DELMAS

Ce dossier illustre le côté tragique de la politique municipale (des résultats catastrophiques sur le « quotidien », aucune idée de bon sens, que des projets farfelus pour jeter de la poudre aux yeux).

Si l’on veut régler les problèmes de circulation à Perpignan et s’engager sur une politique de déplacement digne de ce nom, il y a encore quelques priorités:

  • Finaliser la rocade de Perpignan (qui se termine sur une usine de béton) et la mener jusqu’à la route d’Argeles : cela doit rester la priorité malgré plus de 20 ans de retard,
  • Mieux organiser les transports propres (tramway, notamment) entre les villes de la périphérie (Saint-Esteve, Rivesaltes, Canet …) et le centre-ville de Perpignan … car c’est bien là que ça bouchonne le matin et que l’on pourrait vraiment agir sur l’environnement tout en facilitant les transports des habitants de ces villes qui viennent travailler sur Perpignan,
  • Prendre soin des pistes cyclables sur tout le secteur de l’agglomération: certaines ne sont plus praticables, voire très mal entretenue comme celle menant de Perpignan à Saint-Esteve, et d’autres ne sont pas continues (ce qui pose de sérieux problèmes de sécurité) comme celle menant de Perpignan à Canet …

A L’Olivier, nous pensons que l’agglo et la ville doivent cesser leur délire sur ce dossier :

  • ne pas engager les études couteuses envisagées à compter de ce mois d’octobre 2016,
  • stopper net toute recherche de financement pour un projet aussi peu adapté à Perpignan et à ses finances,
  • que l’agence de développement économique se mette enfin à travailler sur des projets concrets pour l’économie locale et l’emploi avec des mises en oeuvre immédiates pour nos jeunes, nos commerces et nos entreprises.

 

 

 

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10 septembre 2016
10 septembre 2016